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FESTIVAL / Cinémas d'Afrique

Pour bien commencer: Wallay

C est le prermier long-métrage de fiction de Berni Goldblat qui a été choisi pour ouvrir la douzième édition du festival Cinémas d'Afrique. Wallay est un excellent choix, car il s'agit d'une délicieuse comédie sentimentale, parfaitement servie par un casting irréprochable. Mais aussi d'une œuvre qui dépeint subtilement les rapports entre les êtres et leur environnement.

Wallay, c'est l'histoire d'un jeune de treize ans, Ady (Makan Nathan Diarra), orphelin de mère, dont le père, vraisemblablement dépassé, n'arrive plus à faire façon. En effet, Ady traîne dans les rues, fait des virées en scooter, sans casque ni a priori de permis, et, pour s'acheter des chaussures tombées d'un camion, soustrait de l'argent aux mandats que son paternel envoie régulièrement à la famille en Afrique. Un gamin, en somme, comme beaucoup d'autres à cet âge difficile. Cela n’a pas été votre cas? Alors vous avez loupé quelque chose...

Quoi qu'il en soit, afin d'être arraché à la petite délinquance vers laquelle il glisse progressivement, ce jeune glandeur effronté va être envoyé en vacances chez son oncle, au pays. Un séjour au bled qui, dans un premier temps et  assez naïvement, réjouit Ady: il en rêvait depuis longtemps, dans un désir plus ou moins conscient de renouer avec ses racines.


Mais une fois débarqué au Burkina Faso, rien ne se passera exactement comme l'adolescent l'avait prévu: les épreuves se succėdent aux déconvenues jusqu'à ce qu'Ady arrive enfin à prouver, par un geste héroïque désintéressé, qu'il est devenu un homme en qui les autres hommes peuvent avoir confiance...

Le réel enjeu du film

Dit comme ça, c’est vrai, le scénario de Wallay, avec son côté récit initiatique, ne brille pas particulièrement par son originalité. En même temps, l’originalité n’est pas ce que l’on demande à un récit initiatique... Cette faiblesse est amplement compensée par deux autres aspects nettement plus intéressants de l'œuvre.

Primo, la fraîcheur avec laquelle le réalisateur capte la relation qui se tisse, petit à petit, entre la malicieuse Yéli (Mounira Kankolé), jeune femme à la grâce solaire, et Ady. Relation qui devient peut-être même le réel enjeu du film, dès l’instant où celui-ci s'ouvre et se clôt sur la prégnante absence de la sémillante demoiselle.

Secundo, la qualité du regard que Berni Goldblat pose sur la réalité burkinabée. La manière sensible dont il analyse les rapports familiaux, rarement simples, ainsi que la justesse avec laquelle, plus généralement, il dépeint la difficulté à trouver sa place, à l'adolescence, dans la société qui nous entoure. Ceci, a fortiori, lorsque l'on est issu du mélange de diverses cultures pas toujours très compatibles...

D’un autre côté, une pareille pertinence, tant dans l'observation que le propos, est-elle réellement surprenante, de la part d'un réalisateur helvéto-burkinabé, né à Stockholm et installé depuis des années à Bobo-Dioulasso? A plus forte raison, lorsque l'on sait que le bonhomme, avant de passer à la fiction avec Wallay, a fait ses armes dans le documentaire et l'enquête de terrain?

Ne ratez donc pas, jeudi 17 août, à 21 heures, la projection gratuite de Wallay, au Théâtre de verdure.


Wallay, 90' Cinémathèque suisse, Lausanne
Théâtre de Verdure, jeudi 17 août, 21h
Paderewski, dimanche 20 août, 14h

Le site Cinémas d'Afrique


La bande annonce


Musiques

Tshala Muana: Burkina Faso


Cissé Abdoulaye: Ma solitude



Coulibaly Tidiani et l'authentique Dafra Star de Bobo Dioulasso: Récital


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