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Lors d'une série de discussions sans fausse pudeur, une jeune escort-girl russe de 22 ans explique la réalité cachée de milliers de ses consœurs et compatriotes en Europe, que la guerre en Ukraine a piégées hors de chez elles.



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Nous savons tous que Nadia existe. Nous choisissons simplement de l’ignorer, elle et ses collègues, ainsi que les raisons pour lesquelles ces travailleuses du sexe sont à la fois vilipendées et utiles. Nadia n'est que l'une des milliers d'escorts russes qui vivent et travaillent en Europe. Parce que la prostitution demeure souvent illégale, sa véritable identité est protégée. Et comme la prostitution est illégale, des milliers de femmes comme Nadia peuvent être brutalisées ou battues par leurs clients. La plupart sont impitoyablement exploitées par leurs agents et des propriétaires d'appartements véreux. Et les polices corrompues les harcèlent et les maltraitent, avec le pouvoir de les expulser du territoire. Mais Nadia ne se pose pas en victime, elle ne rejette pas la faute sur les autres. Elle a choisi son chemin. Comme la plupart des gens, elle travaille pour gagner sa vie et déteste souvent son travail. Mais il y a des moments où elle y trouve aussi du plaisir. Derrière son corps élancé, son maquillage épais, ses faux cils, ses ongles démesurés et son sourire timide, se cache une jeune femme déterminée et brutalement honnête qui s'est ouverte pour raconter son histoire aussi clairement qu'on pourrait le souhaiter.

David Laufer: Depuis combien de temps exerces-tu ce métier?

Nadia: Cela fait cinq ans maintenant. Au début c'était uniquement à Moscou, mais après quelque temps je me suis aventurée en Europe.

Au début, quelle était ta motivation pour te lancer dans ce métier?

J'avais besoin d'argent. Ma famille n'a pas d'argent et ne m'aide pas. J'avais un emploi mais je gagnais 200 euros par mois à Moscou, la ville la plus chère d'Europe ou du monde à cette époque. Et puis j'ai rencontré un homme qui m'a parlé de cette possibilité. Alors j'ai trouvé un agent, qui me trouvait des clients. Et toutes les filles qui font ça le font pour les mêmes raisons.

En Russie, comment les gens considèrent-ils ce métier?

Les clients, en Russie, sont la plupart du temps des millionnaires, qui consomment énormément de filles, chaque jour une fille différente. Ils nous traitent comme des putes. Et beaucoup cherchent surtout à se procurer des vierges. Alors l'agent nous dit: «Aujourd'hui, tu dois être vierge». Ce qui signifie qu'on doit se mettre du faux sang à l'intérieur du vagin, dans des petites capsules de plastique, pour simuler la virginité.

Quel était le rythme de travail à Moscou?

C'était irrégulier. On ne fonctionne pas comme en Serbie ou en Europe, avec des tarifs horaires. On peut se faire 1'000 euros, ou 500 euros, mais sans limite de temps. On vient, le client nous dit la somme d'argent et c'est lui qui décide du temps. Quelques heures, un jour entier, ça dépend.

Quand et pourquoi est-ce que tu es partie en Europe?

Après environ une année, la pandémie a commencé. Je ne faisais rien, assise à attendre chez moi. Et c'est à ce moment qu'un ami m'a présentée à un agent qui m'a proposé de partir en Europe. Pour moi c'était un rêve, je n'avais jamais quitté la Russie. L'agent m'a tout arrangé, le billet d'avion, l'appartement, tout. Et je suis partie en Italie. Mais c'était très compliqué à cause du Covid-19. Donc le vol a fait Moscou-Istanbul-Athènes-Vienne, et puis j'ai fait le reste en train. Dans le train les douaniers ont pensé que j'étais étudiante, et je n'ai pas nié.


«L'agent nous dit: "Aujourd'hui, tu dois être vierge". Ce qui signifie qu'on doit se mettre du faux sang à l'intérieur du vagin, dans des petites capsules de plastique, pour simuler la virginité.»


Comment s'est déroulé ce premier séjour en Europe?

J'avais toujours mon agent, c'est lui dirigeait mes contacts et s'occupait de ma page sur Internet. Je lui devais 50% de mes gains et je chargeais, comme je continue aujourd'hui, 250 euros de l'heure. Mais l'appartement coûtait 800 euros par semaine, même si l'agent payait 50% du loyer. Donc en gros, par mois, je pouvais espérer gagner environ 15'000 euros, dont je devais retirer la moitié pour l'agent, plus le loyer. Je me retrouvais avec à peu près 6'000 euros par mois dans la poche pour toutes mes dépenses et pour l'épargne. Au début j'étais à Milan et le business était bon. Je travaillais beaucoup. Ensuite j'ai essayé Naples, pendant deux semaines, mais ça ne marchait pas du tout alors je suis retournée à Milan. En gros c'était des Italiens et presque pas d'étrangers parce qu'on était en plein lockdown. Quelques fois des jeunes mais en général des hommes plus âgés et assez riches.

Comment se comportent les clients italiens?

Je ne les aime pas du tout. La plupart se fendent de grandes déclarations, «tu es l'amour de ma vie», «je suis fou de toi«, «je t'aime», «je veux t'épouser» et toutes ces bêtises, alors que nous savons tous les deux pourquoi je suis venue chez lui. Et vraiment, tous les Italiens se comportent comme ça, comme des grands enfants. J'ai passé trois mois à Milan et j'en suis revenue avec 3'000 euros épargnés.

Tu as dû expliquer ce voyage à tes parents?

Non, j'ai juste dit que j'avais trouvé un boyfriend qui m'avait emmenée en voyage, ils n'ont jamais posé de questions. Mais j'ai eu une mauvaise expérience à Milan. Je suis tombée sur un sale type, le propriétaire de l'appartement. Après quelques jours, il s'est pointé à ma porte et a essayé de me faire dire que je l'avais payé en fausse monnaie, ce qui était faux. Comme il voyait que ça ne marchait pas, il m'a fait comprendre qu'il savait ce que je faisais et qu'il pouvait me dénoncer à la police. J'ai éclaté en sanglots, j'étais hors de moi, terrorisée. S'il allait à la police, ça voulait dire que je serais expulsée de l'UE et que je ne pourrais pas revenir pendant des années. Il a appelé mon agent, et mon agent m'a dit de lui donner 500 euros, juste pour le faire taire. Mais ça n'a pas suffi. Il est souvent revenu me voir et me demandait de le sucer, et sans le dire à mon agent, ce que j'ai toujours réussi à éviter. Il a souvent essayé ce petit manège. Ça me plongeait dans des dépressions sévères.

Et après ce retour à Moscou, où es-tu allée?

Une amie m'a encouragée à la rejoindre à Tbilissi en Géorgie. J'ai dit que ça ne m'intéressait pas, que je voulais aller en France. Je ne sais pas pourquoi, j'avais un mauvais pressentiment à propos de ce pays. Et j'ai eu du flair. Un jour avant mon arrivée prévue en Géorgie, un client est venu chez mon amie. Ils ont eu un rapport sexuel, puis il lui a montré sa plaque de policier. Il ne l'a évidemment pas payée et lui a également volé tout le liquide qu'elle avait. Et puis il a ouvert la porte et ses collègues sont arrivés pour arrêter mon amie et l'emmener en prison, où elle est restée environ deux mois, sans téléphone, sans rien, à devoir attendre une décision de justice. Et encore elle a eu une chance relative. Je connais une autre fille qui est restée deux ans en prison en Géorgie. Cela ne m'est jamais arrivé, je touche du bois, ni en Russie où les clients sont assez riches pour acheter la police, ni en France ou ailleurs. Mais j'ai toujours peur, je fais toujours très attention, je vérifie tout plusieurs fois.

Donc tu es allée en France.

Oui, j'ai commencé par Bordeaux, où le business était très bon, puis Toulouse, où c'était totalement mort, puis Marseille, également très faible, puis Montpellier, sans aucun intérêt, peuplé de gens très bizarres et malsains, et puis Lyon, où ça marchait assez bien. On faisait le tour des grandes villes pour voir où le marché était preneur. A Bordeaux par exemple, je peux travailler quelques jours mais ensuite je suis connue, j'ai fait le tour des clients. Alors je dois repartir et trouver un autre marché. Quand ça marchait bien, je faisais environ deux clients par jour, c'était comparable à l'Italie, donc je gagnais environ 6 ou 7'000 euros par mois avant dépenses. Et puis je montée à Paris.


«En Italie les types comptent les minutes et les secondes comme des épiciers, mais à Paris ils s'en fichent complètement.»


Comment est Paris par rapport au reste de la France?

Evidemment je gagnais beaucoup mieux. Mais je devais constamment changer d'appartement, c'était un enfer, parce que je voulais payer en liquide mais la compétition était trop forte. Et puis la ville est tellement chère, chaque trajet en taxi coûte 30 euros. En plus je devais faire très attention, ne jamais faire monter quelqu'un mais descendre d'abord voir le client dans la rue, s'assurer que tout est en ordre. D'autre part à Paris tout dépend du quartier. Si je vis dans un quartier riche, j'ai de bons clients, propres et convenables. Mais si je vis dans un quartier pauvre, c'est bien plus risqué. Parce qu'à Paris, contrairement à la France, mes clients venaient du monde entier. A Bordeaux ce n'était que des Français, à Paris beaucoup d'étrangers. Mais le business était très bon, alors je suis restée quatre mois à Paris.

Et comment sont les clients français?

Les meilleurs! Ils ne pensent pas qu'à eux-mêmes. Ils pensent à la fille. Ils arrivent et te disent: «Tu n'as besoin de rien faire, allonge-toi là, je vais te lécher la chatte, je vais t'embrasser, tu te laisses faire». Ils arrivent avec une bouteille de vin et des fleurs et paient pour une heure mais peuvent partir après vingt minutes s'ils ont terminé. En Italie les types comptent les minutes et les secondes comme des épiciers, mais à Paris ils s'en fichent complètement.

Quatre mois à Paris, c'est long. Tu as eu le temps de voir la ville?

Je m'arrangeais avec mon agent, je lui disais que je serais disponible de telle à telle heure, et je prenais mon temps pour me balader et découvrir la ville. Et je n'ai eu aucun problème avec la police, alors même que c'était le confinement et que je n'avais pas les permis pour me déplacer au milieu de la nuit. J'ai eu de la chance et personne ne m'a jamais arrêtée. Et puis j'ai eu assez souvent des clients qui payaient pour la nuit, c'était 1'200 euros. Mais j'étais trop seule, j'étais souvent déprimée. Mon agent me disait que c'était bien pour moi d'être seule, que ça me permettait de me concentrer sur mon travail.

Combien as-tu réussi à épargner à Paris?

Presque rien, à peu près 1'000 euros. J'étais furieuse. J'avais eu environ 170 clients pendant quatre mois, donc j'avais en tout gagné plus de 40'000 euros en liquide! Et malgré tout, tout mon argent était parti, d'abord dans la commission de 50% de mon agent mais aussi en factures, loyer, taxi, repas, des bêtises. Beaucoup de filles travaillent pour aider leurs familles restées au pays. Quand je travaillais à Paris, je ne savais tout simplement pas quoi faire de ma vie. Je n’ai donc pas économisé, et c’était mon problème. Si j'avais économisé, je serais riche maintenant. Mais j'ai juste tout dépensé, j'ai acheté des trucs et j'ai voyagé et pendant tout ce temps, je pensais, c'est bon, je dois juste travailler encore un peu pour tout récupérer. Parce que ce travail est une drogue. C'est de l'argent facile. En Russie, je gagnais 200 euros par mois. Et avec ce métier, je gagnais 6 ou 7'000 par mois. C'est donc très difficile d'arrêter. Et ça m'a fait comprendre que je devais travailler en indépendante, sans agent.

Après la France, quel autre pays as-tu visité?

Je suis allée à Vienne, c'était très bien. Les clients étaient souvent étrangers mais en gros très sympas, respectueux. Il y avait beaucoup de clients suisses, qui se comportaient toujours très bien. Et puis j'aimais beaucoup Vienne, j'étais dans un joli hôtel, je travaillais à mon rythme, c'était agréable. J'ai également travaillé à Madrid et Barcelone. A Madrid c'était la mort, aucun client, à Barcelone un petit peu plus. Les Espagnols n'ont pas d'argent je crois. Ils préfèrent les Colombiennes et les Brésiliennes, qui sont vraiment beaucoup moins chères. J'ai malheureusement dû éviter la Suisse parce que je connais pas mal de gens à Zurich et je voulais éviter les rencontres désagréables.

As-tu également travaillé en dehors de l'Europe?

Uniquement à Dubai. C'était très, très bizarre. J'ai été payée pendant des semaines par deux cheikh différents, environ 300 euros pas jour, pour vivre dans une villa avec une dizaine d'autres filles et sans jamais coucher avec qui que ce soit. On passait nos journées au bord de la piscine, à faire du shopping et à aller au restaurant. J'ai tenté avec une copine de travailler en privé, mais sans aucun succès, et ça m'a beaucoup déplu. C'était dégradant, on se retrouvait derrière des restaurants avec des types qui me disaient que c'était trop cher, ça ne menait à rien.

Pourquoi as-tu décidé d'aller à Belgrade?

A cette époque, il y a un peu moins de trois ans, j'avais une amie qui était déjà à Belgrade. Elle m'a dit que c'était très bien, alors j'ai essayé. On était trois filles dans un appartement, c'était sympa.

Puisque ta profession est illégale, tu es ici avec un visa touristique, comment procèdes-tu?

Chaque mois, je dois traverser la frontière, obtenir le tampon et revenir.

Tu étais ici avant le début de la guerre en Ukraine. Combien d’escorts y avait-il ici avant la guerre, et combien depuis le début de la guerre? Et combien parmi elles sont des Russes?

Avant la guerre, il y avait un peu de concurrence, mais pas trop. Depuis le début de la guerre, il n'y a presque plus d'emplois tellement la concurrence est forte. Et je ne suis pas sûr qu’il reste beaucoup de filles serbes. On peut vérifier (elle sort son téléphone et va sur un site d'escort populaire). Si je sélectionne la Serbie ici, je vois qu'il y a maintenant 1'447 escorts qui opèrent à Belgrade. Mais beaucoup de ces comptes sont inactifs, ou faux, disons environ 50%. Cela laisse donc environ 750 filles, pour la plupart russes. Ce qui est bien trop pour Belgrade, il n'y a pas de marché pour autant d'escorts. Et du coup les prix baissent. Certaines filles sont désormais prêtes à travailler pour 150 euros, et alors toutes les filles se sentent obligées de baisser leurs prix. Et c'est pareil partout en Europe, les Russes sont coincées en-dehors de Russie et inondent le marché, ce qui fait sombrer les prix et qui pousse un grand nombre d'entre elles à prendre des emplois réels et à ne faire ce métier que de manière complémentaire, pour s'en sortir.

Je dois te poser cette question, mais à quel point ce travail est-il agréable?

Cela dépend. Parfois, j'ai juste besoin d'argent, je dois travailler. Alors je deviens une personne différente. Je ferme mon esprit et je fais ce que je dois faire, d'une façon automatique, même si je ne veux pas le faire. Mais d'autres fois, j'ai vraiment envie de faire l'amour et comme c'est mon métier, ça peut être agréable. Dans ces situations, si l'homme sait s'y prendre je peux jouir, mais s'il est mauvais, alors je ne jouis pas. C'est exactement comme la vie normale.


«C'est pareil partout en Europe, les Russes sont coincées en-dehors de Russie et inondent le marché, ce qui fait sombrer les prix et qui pousse un grand nombre d'entre elles à prendre des emplois réels et à ne faire ce métier que de manière complémentaire, pour s'en sortir.»


Y a-t-il des histoires d'abus, de violence?

Bien sûr. Quand j’ai commencé, je ne savais pas à quoi m’attendre. Parfois, un homme me frappait, alors j'appelais l'agence et ils me disaient: «Non, c'est impossible, c'est un bon client, il n'y a jamais eu de plainte le concernant». Vous savez donc que vous ne pouvez pas être protégée. Un jour un Ukrainien m'a appelée dans un restaurant et nous nous sommes retrouvés chez lui. Il m'a payée en dollars. Mais quand je suis rentrée chez moi, j’ai réalisé qu’il s’agissait de fausse monnaie. Chaque fois que quelque chose de vraiment grave arrive, c'est soit un client russe, soit un client ukrainien. Mais une de mes amies, une jolie blonde, a été appelée par un client serbe, qui n'aime pas les blondes. Il l'a appelée et l'a battue jusqu'à ce qu'elle soit réduite en bouillie, elle était couverte de sang. A tel point qu’elle a quitté le pays par la suite. Une autre copine a été trompée par un client qui ne lui a pas dit qu'il était policier, qui lui a pris tout son argent et l'a expulsée de Serbie. Or j'ai appris par la suite que ce flic travaillait en réalité pour une agence concurrente, pour laquelle il nettoyait le marché en se servant grassement au passage.

Quel type de service te demande-t-on habituellement de pratiquer?

Je ne travaille jamais avec des sextoys ou des uniformes. Parfois, les clients me demandent de me présenter en lingerie ou en talons, mais ce n'est pas vraiment un uniforme. En général, c'est du sexe assez régulier. Je refuse la sodomie, mais beaucoup de filles acceptent avec un supplément. Certains clients demandent à coucher sans préservatif, ce que je refuse également.

Comment juges-tu le regard de la société et des médias sur ton métier?

Les médias et la société en général ne comprennent pas du tout la différence entre escort et prostituée. Escort, c'est un métier, quand bien même c'est illégal. Je choisis mes clients, je dois savoir m'y prendre techniquement sur le plan sexuel, savoir envisager mes clients sur des tas de fantasmes et de scénarios. Une prostituée ne travaille que sur le court terme, et uniquement pour l'argent. Une escort doit savoir discuter, passer la soirée avec des hommes très différents, de cultures très variées. C'est un métier difficile, qui exige un engagement complet, du corps mais aussi de l'esprit. Oui, c'est vraiment un métier. Le mot le plus adapté, c'est geisha, c'est-à-dire une femme qui doit savoir faire plaisir à un homme, pour de l'argent, en réalisant tout un éventail de tâches complexes et délicates. Et évidemment que la société condamne ce métier. La chose est simple: qui serait d'accord de savoir que sa propre épouse fait ce métier? Les hommes sont obsédés par la pureté des femmes. De savoir que telle ou telle femme a vu des centaines de bites, ça les dégoûte en général. En ce qui me concerne, je reste très discrète, je ne montre jamais ma photo sur les sites Internet, et je sais que cette partie de ma vie restera toujours un secret si je veux trouver un mari ou fonder une famille.

Combien de temps penses-tu pouvoir continuer ce métier?

Encore quelques mois, le temps pour que je puisse mettre de l'argent de côté. Comme je l'ai dit, avant, je gaspillais tout, maintenant j'essaie de le mettre de côté et d'en faire quelque chose de significatif.

Quel est ton rapport à ton travail?

Je voudrais ne pas devoir le faire. Je suis souvent déprimée. Quand j'ai des relations sexuelles régulières avec un petit ami, je suis très confuse: est-ce que c'est pour le travail, ou pour le plaisir? Je me sens perdue avec moi-même. Je voudrais aussi ressentir quelque chose, pas seulement parce que je dois le faire pour un homme. Et la plupart des autres filles ressentent la même chose, nous parlons beaucoup ensemble.

Y a-t-il quelque chose que tu as appris en faisant ce métier?

Oui, beaucoup de choses. Par exemple, je sais très bien faire l'amour. Cela peut paraître dégradant, mais je suis devenue une professionnelle, je sais comment réaliser la pipe parfaite. Et plus important encore, je connais les hommes maintenant. Je ne suis plus timide avec les hommes, je sais de quoi je peux parler. Je sais à qui je peux accorder ma confiance, ou pas. Cela m'a souvent aidée, je vois tout de suite qui est la personne, de quoi on doit parler, comment les choses vont se passer. D’une certaine manière, on peut dire que j’ai plus de pouvoir maintenant.

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VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

1 Commentaire

@Chan clear 21.10.2023 | 09h14

«22 ans quel bel âge tout est possible encore, difficile de revenir dans la vraie vie ou les salaires sont nettement inférieurs et déclarés. Bon courage !
De la à se comparer à une geisha……sourire…
« Oui, c'est vraiment un métier. Le mot le plus adapté, c'est geisha, c'est-à-dire une femme qui doit savoir faire plaisir à un homme, pour de l'argent, en réalisant tout un éventail de tâches complexes et délicates »»


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