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Culture / Des lettres inédites de Romain Gary

Jacques Pilet

15 avril 2022

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«Romain Gary, le caméléon», Myriam Anissimov, Editions Denoël, 754 pages. «Romain Gary, l’enchanteur», Myriam Anissimov, Editions Textuel, 192 pages.



Romain Gary, alias Emile Ajar, a ses fidèles. Qui connaissent ses romans mais peu les tours et détours, les tourments et les élans de sa vie compliquée. L’écrivaine et comédienne Myriam Anissimov, née à Sierre en 1943 où ses parents s’étaient réfugiés, décortique cette biographie depuis des années et lui a consacré deux livres. Et récemment un article riche de citations inédites sur Slate.fr. Elle a retrouvé des lettres adressées dans sa prime jeunesse par celui qui s’appelait alors Romain Kacew à son meilleur et peut-être unique ami, le Suédois Sigmud Norberg. Le jeune immigré juif, arrivé de Pologne avec sa mère à Nice en 1928 dans des conditions précaires, brillait à l’école, commença à écrire très tôt, se désespéra des refus chez les éditeurs, fut enrôlé dans l’armée et, en dépit des discriminations de l’époque à l’égard des Juifs, devint officier. Durant la guerre, il se distingua à bord d’un bombardier et fut blessé. Le héros allait devenir un écrivain reconnu mais sa vie n’en fut guère heureuse pour autant. Ses relations féminines étaient houleuses, tantôt de nature plutôt amicales, ou sporadiques et frénétiquement sexuelles. Sa solitude le hantait. Il attendait avec anxiété les lettres de son ami suédois. Et celles aussi de son grand amour, Christel, suédoise elle aussi. Les siennes étaient pour la plupart pénétrées d’un «gluant et vilain cafard». Ecrivant à son «vieux Zig»: «Moi, je suis dans la merde jusqu'au cou, mais je ne fais pas attention, je suis accoutumé à l'odeur.» Bien plus tard, dès 1974, alors qu’il écrivait sous le pseudonyme encore secret de Emile Ajar, dans un modeste appartement de la rue Moillebeau à Genève, il connut une belle histoire d’amour. Avec Odile, l’infirmière qui devait lui faire des injections. Elle a aussi confié à Myriam Anissimov les lettres reçues du grand homme, dans les années précédant son départ de la vie en 1980, à l’âge de 66 ans. L’une des dernières, annonçant la rupture, en dit long sur sa vie. «Je veux te dire ceci: il y a chez moi incompatibilité entre l'affection et la sensualité. Je n'ai jamais pu faire la soudure entre la tendresse et le sexe.» Dans ces conditions, écrit-il, «j'ai l'impression, d'être une brute et de t'exploiter». Romain lui propose donc de changer la nature de leur relation en «fraternité», expliquant cet écart entre l'affectivité et la sensualité par le fait d'avoir «trop aimé sa mère».

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